VOLTE-FACE
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La régate

14.02.2010

Une Coupe nommée désir

La semaine écoulée a été un casse-tête pour les représentants des différents médias venus à Valencia pour couvrir la 33e America’s Cup. Arrivés dans la ville espagnole entre les 4 et le 7 février, les quelques 200 journalistes ont du ronger leur frein jusqu’au 12 février avant de voir partir la première course. Une situation qui, si elle n’est pas inhabituelle dans ce métier, est toujours délicate à gérer. Aperçu.

Pour certains quotidiens, vendredi dernier était un jour clé : « S'il n'y avait pas eu de course, on serait partis et revenus pour la deuxième manche », commente Pascal Sidoine del 'Equipe.
Pierre Nusslé et Hervé Borsier travaillent tous deux pour des médias Suisse ils ont « pris des dispositions pour rester » quand ils ont vu le calendrier commencer à s’étirer. « On ne peut pas rater ça. On a compense la partie sportive en faisant plus de sujets magazines ».

Tatiana Pokorny « Tati » est freelance et produit des contenus pour des agences d’information, des quotidiens et magazines en Allemagne, « soit quatre disciplines différentes et ça me plait beaucoup. Il faut être très organisé pour ne pas s’y perdre». Comme ses confrères, elle passe son temps « à faire des plans et puis il n’y a plus de vent et les plans partent à la poubelle. Il faut alors trouver ce qu’on peut proposer d’autre ».

Heureusement son expérience et cinq America’s Cup (entre autres) font que Tati prend tout cela avec énormément de philosophie : « Je sais attendre, je suis très forte dans cet exercice. Ces moments-là donnent aussi l’occasion d’échanger avec des collègues ou de récolter plus d’informations ». Quand les événements se déroulent sur le tempo de cette semaine, « cela nous oblige aussi à être plus créatifs ».

Il y a cependant un revers à la médaille, comme l’explique une autre journaliste : « il faut se battre tous les jours pour avoir de la place pour la voile. Mon rédacteur en chef connaît parfaitement le sujet, mais il veut que je lui dise si oui ou non ça va courir pour pouvoir câler les sujets ».
Et quand la course s’élance, le scénario se renverse : « tout le monde s’enthousiasme et vous vous retrouvez avec 5 articles à écrire en urgence  - explique Tati, c’est un peu dur, même si ça reste gérable ».  Un autre journaliste sait que si le duel à lieu il aura deux pages à remplir « contre une demie qui est déjà prête si ça ne court pas ».

Le temps libre sert souvent à préparer des articles à l’avance, « sur des thèmes plus intemporels qui apportent un éclairage sur une équipe ou qui remette l’America’s Cup dans son contexte historique ».

Depuis le début de cette 33e America’s Cup, les services communication des deux équipes ont également fait preuve de créativité afin de faciliter le travail des journalistes. Elles ont proposé des rencontres avec leurs membres sur des thèmes qui vont de la météo au design.

Aujourd’hui, avant même les instructions de la direction de course, c'est le bruit des hélicoptères de la production télé et des photographes passant au dessus du Media Centre qui a mis tout le monde sur le qui-vive. Il semblerait d’ailleurs que le passage des oiseaux métalliques soit de bon augure.

 

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